I found a jar and it was full so I emptied it to fill myself up: Intimate “archivisation” of printed ephemera (2025)
I found a jar (...), explore une anecdote personnelle : la découverte d'un pot en argile sur le trottoir de l'avenue de Lorimier. Parmi la sciure de bois, une collection d’ephemera imprimés datant des années 1980 a été mise au jour (billets de loterie, mégots de cigarettes, emballages alimentaires, etc.). Le traitement du contenu de ce pot apparaît comme un processus d'« archivisation » intime. Cet événement offre l'occasion d'examiner une relation avec les ephemera imprimés qui se structure dans la petitesse, en dehors d'un circuit institutionnel, mais qui, à bien des égards, reproduit son contexte.
À mi-chemin entre le récit, la micro-archéologie et le reenactment, la présentation performative se concentre sur la machine archivistique, les fantômes qui l'habitent, qu'elle reproduit et génère, mais aussi sur le corps subjectif de l'archiviste. Les ephemera imprimés entretiennent une relation très particulière avec les systèmes capitalistes de production et de consommation. Ils en sont à la fois les enfants et les agents : ils créent et attisent les flammes du désir et régulent notre accès aux services. Ils rendent licite le lien entre technique, signification et matérialité, et c'est en observant leurs mutations entre différents statuts – documents fonctionnels, déchets, archives ou œuvres d'art – qu'une véritable réflexion ontologique peut prendre forme. Comment ces documents, d'une banalité flagrante, mais riche d'informations d'un point de vue épistémologique, répondent-ils à la factualité de l'archive ? Quel effet la collection a-t-elle sur le document individuel ?